Doomfred's Cavern

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lundi, février 1 2010

G-Lab GSC2, GSC3 et Midi (partie 1)

Je vous ai déjà parlé dans un article précédent des pédaliers GSC développés par G-Lab, dans lequel j'ai répondu aux questions les plus courantes.

Nous allons maintenant nous attaquer à "du lourd", à savoir l'utilisation avancée de ces pédaliers en conjonction avec d'autres pédales en utilisant le Midi. Evidemment, je vous montrerai ici comment faire interagir le GSC-2/3 avec les effets développés par G-Lab, à savoir le delay SD-1, la reverb DR-2/3 et les loopers ML2/4.

Mais avant de commencer la pratique, je vais vous faire un petit peu de théorie. En effet, très souvent sur les forums consacrés au produits G-Lab, je lis souvent "Je débute en MIDI", "Je ne sais pas utiliser le MIDI", etc. Du coup, je vais juste vous expliquer l'essentiel de ce que vous devez savoir, afin que vous compreniez ce que nous allons faire par la suite.

Petit Cours Théorique: MIDI et Guitaristes


La plupart d'entre-vous ont sûrement déjà remarqué ces prises DIN à 7 broches sur les multieffets, les racks ou les pédales labellisées MIDI IN, MIDI OUT, MIDI THRU… à quoi peuvent-t'elles nous servir à nous autres guitaristes, et comment ça marche ?

Tout d'abord, rappellons que le MIDI est une norme, qui fut développée en son temps pour que les appareils électroniques de musique disposent d'un format universel permettant de communiquer entre elles.

Ce qui transite donc dans un câble MIDI, ce sont des messages. Ceux-ci peuvent bien sûr être de différentes natures, et comme par exemple la hauteur de la note qui est pressée sur le clavier d'un synthétiseur, et la force avec laquelle la touche a été enfoncée (que l'on appelle la vélocité). en fait il y en a toute une floppée de disponible.. il faut bien cela pour faire de la musique avec des machines, me direz-vous...
 
Heureusement, nous guitaristes, qui ne cherchons qu'à contrôler qu'un petit nombre de choses par MIDI n'avons pas besoin d'en connaître beaucoup. En gros, il n'y a même que 2 catégories de messages que nous avons besoin de comprendre: 
 
La première s'appelle Program Change (abbréviation: PC): C'est le message qui commande à un appareil MIDI de changer de programme, comme son nom l'indique. Il s'agit d'un numéro, dont la valeur est comprise entre 0 et 127.
C'est le genre de messages transmis le plus couramment par les pédaliers de contrôle MIDI quelqu'ils soient… Il suffit d'appuyer sur la touche 4 de la banque zéro pour que le multieffet switche sur son programme 4, sur la touche 2 de la banque 1 pour qu'il passe à 12 et ainsi de suite...

La deuxième catégorie de message nous intéressant est appelée Control Change (abbréviation: CC), ou encore Continuous Control: Ces messages servent à contrôler de manière permanente un paramètre particulier. Pour cela, ils sont donc affublés d'un numéro qui permet de les identifier (allant en général lui aussi de 0 à 127) et d'une valeur qui lui est associée (de 0 à 127, bien sûr).
D'habitude, ce genre de message est envoyé le plus couramment par les pédales d'expression des pédaliers MIDI, pour contrôler par exemple le pitch d'un effet whammy, le volume, ou l'ouverture de la wah, quand on utilise un multieffet en rack.

Voilà, c'est presque terminé pour la théorie.

Il reste une dernière chose à voir cependant: Comme je le disais un peu plus haut dans l'article, le MIDI sert à transmettre des messages entre appareils. Or, qui dit message, dit bien sûr un émetteur, et un récepteur. Evidemment, comme plusieurs appareils peuvent émettre à destination de plusieurs autres appareils, il faut bien sûr un moyen de ne pas se tromper et d'émetteur, et de cible.


C'est pour cela que les messages MIDI sont, comme sur un talkie walkie, transmis sur des canaux différents. Selon la norme, il y en a 16 possibles. La conséquence on s'en doute, est de veiller à ce que les appareils MIDI destinés à dialoguer entre eux soient réglés sur le même canal. C'est tout.

Voilà pour la théorie, vous le voyez ce n'était pas bien long... on attaque la pratique dans le prochain post !

mercredi, janvier 20 2010

Bonne année 2010 !

Bonne année 2010 !

Comme vous avez pu le voir, j'ai été assez silencieux ces derniers temps, mais pas inactif pour autant !

Sur le plan musical, mes deux groupes ont une actualité plutôt chargée.

ATARAXIE tout d'abord, devrait donner quelques concerts au printemps, dont la plupart des dates sont actuellement en cours de négociation et de finalisation.

A l'heure actuelle, sont confirmés la date d'Anvers (Belgique, 8 mai, en tête d'affiche) et celle d'Utrecht (Hollande, 26 mars, avec Esoteric). Une date à Tunis est en cours de négociations (aux alentours du 22-24 mars, au Festival Méditerranéen de la Guitare), ainsi qu'une mini-tournée, notre première en 10 ans en tant que tête d'affiche, qui s'effectuera dans l'autre pays du Doom, à savoir la Finlande (13-17 mai)

Si tout va bien, Ataraxie aura également les honneurs des Lundis du Kalif, le lundi 5 avril. Il s'agit d'un concert privé qui sera retransmis sur le web, et disponible à postériori en vidéo gratuite, à la demande. Ce sera le lundi de pâques, le seul où il est possible que nous soyons tous disponibles… Il sera évidemment possible d'y assister, sur réservations, le nombre de places étant limité.

Concernant les enregistrements, nous sommes toujours sur le projet d'album pour le 10eme anniversaire du groupe, qui avance plutôt lentement mais sûrement. Il regorgera de surprises, alors on essaye de faire les choses le mieux possible !

Enfin, concernant le prochain album studio d'Ataraxie, nous avons deux morceaux en très bonne voix d'achèvement, autant dire pas loin d'une moitié d'album, si vous connaissez la longueur des morceaux à laquelle nous sommes habitués…

VOODOO PLANET, mon autre jeune et dynamique projet de stoner / rock seventies, est en ce moment même en train d'enregistrer sa première démo. Le projet est de sortir 3 à 4 titres, que nous offrirons en téléchargement, et pour ceux qui seront motivés à nous montrer leur soutien (ou ne supportent pas le son "compressé" des MP3s et consorts), nous proposerons un support CD-R le plus pro possible.

Pour ceux qui s'interrogent encore sur ce groupe, sachez qu'il est composé aux 3/4 d'ex-membres de Wormfood, le 4eme larron, Mathieu, étant un talentueux chanteur et guitariste rock, ami d'enfance, dont vous apprécierez je l'espère l'énorme prestation qu'il délivre au sein du groupe. Si vous êtes amateurs de groupes comme Kyuss, Cathedral, Led Zeppelin, Deep Purple, Corrosion of Conformity, Black Sabbath, Black Crowes, Jimi Hendrix, Buffalo, Queens of the Stone Age, pour n'en nommer que quelques uns… hé bien il se peut que notre musique vous parle. La suite donc dans quelques semaines ;)

Evidemment, à nouveau groupe, nouveaux sons, et si je suis encore en phase de tâtonnements, je vous ferai partager mes recettes dans la quête du son seventies "actualisé" sur ce blog.

LE BLOG

Bien sûr, J'ai quelques articles en préparation qui traînent depuis un bout de temps, surtout préparés en réaction à des questions qu'on me pose souvent, notamment sur la manière d'exploiter au mieux certains matériels spécifiques, je pense en particulier à la production G-Lab, mais aussi à ce qu'on peut notamment faire avec une tête comme la Mr Hector de Laboga, qui n'est définitivement pas une tête uniquement "Metal", à condition de se pencher un peu dessus…

Enfin, j'ai toujours dans mon "coffre à articles" un tas de vieux dossiers que j'aimerais réactualiser, aussi bien sur les réglages d'une guitare, que les effets, la manière dont on peut s'en servir… tout ce dont j'ai besoin en fait est d'un peu plus de temps libre, mais aussi d' arriver à lâcher ce jeu X-Box 360 qu'un pote m'a offert pour mon anniversaire et qui satisfait mon rêve secret et inavoué d'être un jour une superstar du catch. Ceci dit, vous verriez mon finisher, vous tomberiez tout aussi vite accro à ce jeu que moi, je prends les paris !

Bref, et pour finir, je vous re-souhaite donc à tous une très bonne année, en espérant vous croiser ici et là au cours de mes pérégrinations réelles ou sur la toile, et en vous espérant aussi le meilleur pour 2010.
 

lundi, novembre 30 2009

G-LAB GSC 1, 2, et 3: la FAQ

G-Lab est une marque polonaise innovatrice. J'utilise leurs produits depuis que j'ai largué mon rack d'effets pour me mettre aux amplis Laboga, couplés à quelques pédales. Ma problématique était de pouvoir contrôler les canaux de l'ampli et les quelques pédales d'effets dont j'avais besoin simultanément, et sans me ruiner... la solution taillée sur mesure était le GSC. Après avoir utilisé près de 2 ans un GSC-1, je me suis mis au GSC-2 en même temps que Guitars Addicts, l'importateur français, m'ai offert d'endorser pour eux. Depuis, j'ai souvent à répondre à des questions sur les GSC, j'ai donc synthétisé les plus courantes dans la FAQ ci-dessous.


- Que peuvent-faire les GSC ?

Réponse: Le GSC est un pédalier qui permet de contrôler simultanément ampli(s), pédales d'effets et appareils Midi. Les GSC-2 et GSC-3 agissent à la fois comme s'ils étaient 2 footswitch stéréo, un looper (=appareil contrôlant des boucles d'effets) à 6 boucles, et un pédalier Midi capable d'envoyer des messages MIDI (Program Change / Control Change) sur 7 canaux différents à la fois, doté de 6 prises d'alimentation pour les pédales en 9V, et évidemment intégralement programmable.

Le GSC-1 est une version plus légère. Il comporte 2 footswitches stéréos, 4 boucles, 2 canaux midi envoyant les control change, et est doté de 4 prises d'alimentation, et est programmable.

GSC-1

- Quelle sont les différence entre le GSC-2 et le GSC-3 ?

Réponse: Les footswitchs utilisés sont différents. Sur le GSC-2 il s'agit de footswitch en plastique ultra résistant rétro-éclairés, sur le GSC-3 de footswitch métalliques. La différence de prix entre les deux vient de prix plus élevé de ces footswitchs métalliques et de leur installation plus difficile.

GSC-2

- Est-ce à dire que le GSC-3 est plus solide que le GSC-2 ?

D'après son inventeur, Waldemar Glamb, le plastique utilisé pour les footswitchs du GSC-2 est conçu pour résister à des centaines de milliers de cycles d'opérations. Il est aussi fiable et résistant qu'un footswitch métallique.

GSC-3

- le GSC est-il difficile à programmer ?

Réponse: Non, il est bien plus facile à programmer que la plupart des pédaliers MIDI de la concurrence. De plus, les GSC-2/3 possèdent une prise USB qui permettent d'éditer les patchs directement à partir d'un logiciel gratuit.


- Je voudrai utiliser un Delay. Quand je vais l'utiliser avec mon GSC, est-ce que les répétitions vont se couper brutalement en changeant de patch ?

Réponse:  Cela dépend de la manière dont vous placez votre délai. Si celui-ci se retrouve dans une boucle du GSC, le fait de couper la boucle coupera net tout effet inséré dans celle-ci. Par contre pour certains délais (G-Lab SD-1, Eventide TimeFactor…) qui ont la capacité d'être télécommandés par footswitch et/ou par midi, il est possible de garder les répétitions finales en changeant de son. Il suffit de placer le Delay en dehors des boucles du GSC et de le contrôler en utilisant les capacités footswitch/ou midi.

le Delay SD-1

- J'ai un Mesa Boogie / un Bogner, et j'aimerais savoir comment le commander à partir du GSC ?

Réponse:  Le GSC est doté de 2 prises jack stéréo qui lui donnent la capacité de gérer 4 fonctions normalement gérées par des footswitchs. Sur certains amplis, comme les Mesa Boogie ou les Bogner, il y a plus de fonctionnalités télécommandantes. Pour ces amplis, G-Lab a développé le boîtier MAC-4.4 qui permet, par Midi, de télécommander jusqu'à 8 fonctions normalement gérées par footswitchs. Il existe précablé pour les Mesa Boogie et les Bogner, mais il peut potentiellement commander tout ampli ayant plus de 4 fonctionalités switchables.

MAC-4.4

- J'ai un Peavey Triple XXX / un Fender Hot Rod / un ampli dont l'entrée footswitch n'est pas standard. Puis-je tout de même utiliser le GSC pour le commander ?

Réponse: Oui. G-Lab a développé des câbles pour répondre aux besoins des utilisateurs des amplis à prises "non standard", et peut développer un cable custom sur commande au besoin, au prix du cable de série.


- Puis-je utiliser le GSC pour commander des effets dans la boucle de mon ampli ?

Réponse: Oui. Pour ma part, je n'utilise que des effets post-preamp, et mon GSC-2 me sert à commander ces effets qui sont tous dans la boucle de mon ampli.


- Puis-je gérer des effets en amont de mon ampli et dans la boucle de celui-ci à la fois ?

Réponse: Oui. Il existe deux manières de procéder.


A) par la méthode dite "des 4 cables". Elle impose de "sacrifier" une boucle d'effet du GSC. La guitare entre dans le IN du GSC, parcours les effets en amont du préampli, puis est envoyée dans l'ampli par le Send d'une boucle du GSC. La sortie "Send" de la boucle de l'ampli est alors reliée au "Return" de cette même boucle dans le GSC, puis le Out du GSC dans le Return de la boucle de l'ampli. NB: il faut laisser la boucle gérant l'envoi et le retour du signal vers l'ampli activée en permanence, autrement le son entendu est directement celui de la guitare dans la section de puissance de votre ampli.

B) en utilisant un accessoire dédié, comme le ML2 ou le ML4 de G-Lab, qui ajoutent 2 ou 4 boucles indépendantes au GSC. Les effets d'une section sont gérés par le GSC, alors que ceux de l'autre sont gérés par le ML2 ou ML4, celui-ci étant commandé par MIDI.


- A quoi sert le Wah Pad optionnel ?

Réponse: cet accessoire est destiné à être utilisé conjointement avec le GSC ou le GSC-3. Il permet de ne plus avoir à switcher sa wah-wah quand on désire l'utiliser. Deux manières de l'utiliser sont possibles: Dans un premier mode, placer le pied sur la wah-wah enclenche automatiquement la boucle d'effet dans laquelle celle-ci est branchée. Dans l'autre mode, placer le pied sur la pédale wah-wah enclenche automatiquement le preset numéro 9 de la banque sélectionnée à ce moment là.

Wah Pad.

lundi, octobre 12 2009

BETHLEHEMS BASTARDE, le nouveau cd d'Ataraxie & imindain

Petit post pour vous signaler la sortie de Bethlehems Bastarde, un split album avec le groupe de doom/death Imindain.

Le concept est de rendre hommage au groupe de dark metal allemand Bethlehem, une influence commune à nos deux groupes. Chacun des groupes a repris un titre de Bethlehem à sa manière, et à composé de la musique "à la façon Bethlehem".

tracklisting:

1- Aphel Die Schwarze Schlange (Bethlehem cover) "Ataraxie"
2- Der Bärtige Masochist "Ataraxie"
3- Strangle Me "Imindain"
4- Selbstormd "Imindain"
5- Tagebuch einer Totgeburt (Bethlehem cover) "Imindain"

Pour vous procurer l'album, vous pouvez mailer sylvain à l'adresse mail suivante: sylvain[point]ataraxie[arobase]hotmail[point]fr

Ou sur le site de notre label japonais Weird Truth ( www.weirdtruth.jp ). Il est également possible de se le procurer auprès de Season Of Mist ( http://e-shop.season-of-mist.com/fr/home )


lundi, septembre 21 2009

Two Notes Torpedo: La révolution est en marche.

Avertissement préliminaire: L'article que vous allez lire est absolument spontané et n'est pas du publi-commercial déguisé, même si les sceptiques voudront le faire croire. Ceci concerne mon retour sur expérience – 10 mois à utiliser régulièrement l'appareil, que j'ai payé -  et n'engage que moi seul. Sachez-le, l'engin dont il est question ici me fait déborder d'enthousiasme. Parenthèse refermée donc.


En ces temps préhistoriques...


Le monde du matos guitare connaît de temps en temps ses petites révolutions. Je pense par exemple que tout le monde sera d'accord avec moi quand j'affirme que l'arrivée, à la fin des années 90, du POD de Line6 en a été une.

Rappelons qu'avant ce temps là, pour avoir la sonorité de tel ou tel type d'ampli, il n'y avait pas d'autre choix que de réellement les acquérir. Et surtout, qu'il était difficile, voire impossible d'enregistrer sa guitare en direct et avec un son potable, sans avoir à utiliser une pièce de studio, un micro et l'ampli et son baffle (ceci à l'exception d'engins comme le sansAmp ou les premiers Palmer, qui coûtaient à l'époque un bras et les deux jambes...).

Alors évidemment, quand le guitariste lambda voulait s'enregistrer (souvent sur un magnéto 4 pistes à cassettes ou un  8 pistes à bandes), soit il arrivait à se repiquer son ampli dans des conditions  décentes, soit, comme je l'ai longtemps fait, il passait par la prise casque de son multieffet, essayant de régler un son au mieux pour éviter d'avoir trop les « abeilles » en distorsion...

Le Pod a lui changé tout ça d'un coup, puisque dans un petit haricot rouge, on retrouvait des simulations digitales d'amplis légendaires, accessibles en un tour de rotacteur, et surtout, surtout ! Il était possible de brancher cet engin directement en console et de s'enregistrer avec le son d'une vrai repique micro. Autant vous dire, le haricot magique a fait l'effet d'une bombe.



Alors bien sûr, des années plus tard, beaucoup de musiciens ont trouvé les limites du concept, en terme notamment de naturel du rendu, du fait de se sentir également à l'étroit dans un engin qui impose ses propres modélisations, et ses propres techniques de repique de son. En un mot: le Pod a fini par être la propre victime de son succès, et les musiciens finir par se lasser de ses sonorités, oubliant parfois que la destination première de l'engin était de modéliser des amplis repiqués et retraités en console, d'où un manque évident de dynamisme du son le plus souvent...

Pour ma part, comme à l'époque j'aimais vraiment mon son live, j'essayais dès que possible d'utiliser des modélisations d'amplis les plus transparentes possible,et de ne garder que le baffle pour filtrer les sons venant de mon préampli en rack préféré (le Peavey Rockmaster) lequel passait également dans la section de simu HP d'un Rocktron Multivalve, réglé sur large bande, mais dont je poussait le rendu pour redonner le dynamisme d'un ampli poussé. Autant le dire: c'était un peu compliqué, au niveau sonore ça ne rendait pas si mal, mais évidemment loin d'une vrai prise en studio pro, et je m'étais fait une raison...

Rencontre au dessus du berceau d'une torpille



Jusqu'au jour où, fraîchement recruté par Audiofanzine, il me soit donné l'occasion de me rendre au Salon de la Musique et du Son 2006. Là, j'y rencontre Guillaume Pille, un jeune homme originaire de ma région et ayant enregistré les premiers efforts de Wormfood, à une période où je n'en étais pas encore le guitariste.

Nous sympathisons donc, et de fil en aiguille, Guillaume Pille me parle d'une idée qu'il essaye, avec quelques autres personnes, de mettre en oeuvre. Nom de code: Torpedo.
A ce stade, le Torpedo se présente sous la forme d'un PC racké, tournant sous linux, embarquant un atténuateur de puissance réglable (jusqu'à 100%), et un software à l'allure très « Java Swing » (une API d'affichage d'IHM en Java très connue... oui je sais, si vous n'êtes pas développeur, je suis en train de vous parler hébreu...).



L'idée est d'utiliser une technologie appelée la convolution, que j'avais jusque là pu voir à l'oeuvre dans des reverbs, pour recréer le son d'un baffle repiqué par un type de micro particulier, les deux étant au choix de l'utilisateur, et de pouvoir agir sur l'interaction qui se produit entre les deux. Pour le reste c'est comme d'habitude: on prend sa gratte, sa tête, ses effets favoris, le Torpedo remplaçant physiquement le baffle.

Curieux, je saisis évidemment l'opportunité qui s'offre à moi, et essaye l'affreux prototype, utilisant la PRS du camarade Nonox dans son Fender Twin, le tout dans le Torpedo, monitoré par la sono disponible sur le stand d'Audiofanzine.

Et là... c'est la baffe... J'entends s'élever dans l'air le son du Twin, branché dans un baffle Celestion V30, repiqué par un SM57. Aucun doute possible, j'utilise à l'époque un baffle Marshall 1960V équipé des mêmes HP, et le SM57 est un tel standard qu'on reconnaît immédiatement quand il est placé devant la gamelle. Mais le mieux, c'est que toutes les nuances du Fender sont fidèlement rendues... et toutes les positions de la PRS montrent aussi chacune leur caractère, sans aucune ambiguité. Je m'enquiert de ce que mes oreilles ont reconnu auprès de Guillaume, qui me confirme aussi sec qu'il s'agit bien de la combinaison repérée.

Je m'amuse un peu à cliquer de la souris pour changer les positions du SM57 devant sa virtuelle gamelle, et l'engin répond de fort belle manière, exactement si j'étais en train de déplacer un micro en studio en fait.

Autant vous dire qu'au bout de quelques minutes d'essais, je suis totalement convaincu. Il m'en faudra un ! Et dès que ça sort !

Torpille lancée !


Il me faudra plus de deux ans d'attente pour enfin être exaucé. En décembre 2008, c'est Noël avant l'heure quand Guillaume vient m'apporter à domicile un des premiers Torpedo de série. L'engin a évolué, c'est devenu un rack 2u avec une façade en plexi blanche classieuse, un bel écran LCD bleu pour afficher les contrôles, et bien entendu, quelques boutons sont venus enrichir la façade.

Pas besoin de PC ce coup-ci pour contrôler l'engin, tous les contrôles sont accessibles en façade. A l'arrière de l'appareil, une pléthores d'entrées et de sorties, au format pro sont apparues. Du XLR, des sorties numériques AES/EBU, une entrée pour la synchro de l'horloge numérique,  de quoi faire rentrer son ampli par sa sortie HP,  un thru qui permet de rebalancer le signal sur un baffle... et une entrée USB, qui a toute son importance sur cet engin.



Et évidemment,c'est au dedans que se retrouve le plus intéressant: là ou le proto n'avait d'un type de baffle et un seul type de micro, le Torpedo de série a lui d'origine 8 baffles pour guitare, 8 baffles pour la basse, et 8 micros disponibles. Plus fort, c'est que le nombre de baffles disponibles peut monter à 32, Two Notes publiant chaque mois, et gratuitement, les mesures d'un nouveau type de baffle. Hé oui, je suis un musicien qui s'offre un baffle par mois, c'est la classe, non ?


Par chance,  mon baffle Marshall favori de l'époque (le 1960V) soit directement modélisé dans l'engin, j'ai bien évidemment pu immédiatement travailler, et trouver un son qui soit directement inspiré du grain que j'aimais retrouver sur celui-ci à l'époque. L'interface étant franchement bien faite, ça m'a pris... 10 minutes à tout casser ?

Une fois mon son retrouvé,  j'ai pris mon temps pour expérimenter avec le Torpedo, en changeant  les baffles, les types de micros, le placement de ceux-ci, et ça a été la deuxième baffe ! Jamais je n'avais pu me rendre compte de manière aussi rapide et probante l'influence de ces 2 composants, et de leur placement l'un par rapport à l'autre sur le son. Car c'est une chose que d'entendre un ingé-son parler de l'influence de tel ou tel micro sur le son, ou comment 1 cm de décalage change celui-ci du tout au tout, mais s'en est une autre que d'entendre immédiatement ces métamorphoses sonores en un tour de potard !

Le Torpedo et le Live



Expérimenter ainsi m'a fait réaliser à quel point, nous autres guitaristes, négligions une partie absolument fondamentale concernant notre son.

Vous le savez aussi bien que moi, on dépense des sommes considérables à s'équiper en super guitares, en super  matos d'amplification, mais souvent quand vient la question du baffle, il y en a beaucoup qui démissionnent ou n'ont pas trop idée de la manière dont les HP et la construction du baffle colorent le son. Il faut dire, on a rarement l'occasion, contrairement aux amplis, d'avoir plusieurs types de baffles à disposition, et de marier une tête en particulier à différents types d'entre eux.

Sans compter qu'évidemment, quand on joue un tas de concerts, les baffles c'est quelque chose de lourd, d'encombrant, alors on se retrouve très souvent à mettre cette partie du backline en commun, en priant secrètement que le baffle sur lequel on se retrouve à jouer ne soit pas un truc dégueulasse, et si possible bien entretenu... Je dis ça parce que depuis que Sylvain (Ataraxie) a fait sauter sa tête Laboga sur un baffle miteux, dont l'embase avait un faux contact en décembre dernier en Hollande,  nous avons particulièrement tendance à nous méfier, dans Ataraxie...

Avant le Torpedo, c'était principalement cet aspect qui me préoccupait, pour le reste, je faisait une confiance aveugle aux ingé-sons. De toutes façons, on a rarement le temps aux balances de tourner autour d'un baffle avec un micro, et il suffisait que j'en vois un de qualité pour me dire que le son en façade serait forcément bon.

Le Torpedo m'a démontré le contraire ! Non que je mette en doute la capacité des sondiers à faire un bon son, mais sincèrement, que penser du fait d'avoir un micro dont le modèle peut changer à chaque fois, placé en moins de 2 minutes, devant une gamelle parfois inconnue ? (la preuve encore il y a peu à Madrid...)  Qu'est ce qui assure que le son que vous entendez sur scène sera de la même qualité que celui que vous aurez réglé au millipoil près en écoutant l'ampli et son baffle à la position où vous vous tenez pour jouer ?

Rien du tout !

Imaginez donc l'impact qu'a le Torpedo sur mon son en live depuis que je le possède. Ou que j'aille, petit club ou grande scène, il suffit que la sono soit calée (en principe elle l'est, c'est même la première chose que fait un ingé-son une fois que sa sono est fonctionnelle), et il me suffit d'utiliser le Torpedo comme une D.I pour qu'en  façade et dans les retours, en y passant très peu de temps, l'on retrouve le grain que j'ai moi-même choisi pour mon propre son. Autant vous le dire, ça simplifie largement et accélère considérablement les balances !



le torpedo est en bas, centre-droit de la photo...

Mais là où on peut faire encore plus fort, et je ne m'en prive pas, c'est qu'on peut utiliser des micros totalement impossibles à gérer sur scène. Par exemple, les micros statiques ou les micros à rubans sont quasi inutilisables en livre, du fait de leur très grande sensibilité ou de leur « pattern » de sensibilité. C'est dommage, parce qu'en général, j'ai tendance à préférer leur son à celui des micros dynamiques, qui ont un rendu sensiblement différents, mais eux sont parfaits pour la scène.
Du coup... quand vous m'entendez en live, sachez que j'utilise un micro Neumann U87 pour reprendre mon baffle, ni plus ni moins. Avec toute cette finesse et cette définition qu'on peut associer à ces micros.

Autre effet collatéral: mon énorme baffle 4x12, qui m'apportait certes un très beau grain, mais est modélisé dans mon Torpedo, ne me sert plus à rien. En live, le son me passait souvent « entre les jambes », puisque le baffle était le plus souvent posé par terre. Pas pratique pour s'entendre correctement, à moins de pousser déraisonnablement parfois l'ampli, et sur certaines scène, de créer de méchantes vibrations, dans le bas du spectre, qui étouffent le rendu général et nuisent à la définition du son.

Du coup, plus besoin de garder un engin pareil, pesant  42 kgs tout de même dans mon équipement... Voulant garder tout de même une interaction entre HP et guitare (je fait beaucoup de feedbacks contrôlés), j'ai investi dans un petit Mesa Boogie Thiele d'occase, 200W RMS encaissables, et qu'il me suffit de poser sur un stand dédié pour me monitorer facilement, donc sans créer de vibration néfaste sur scène, puisqu'il est isolé du sol et me permet de jouer à volume raisonnable.

Vu la place et le poids gagné, je peux vous dire... c'est une révolution cet engin !

Le Torpedo et le studio


Evidemment, le Torpedo a également changé la donne dans mon home-studio. Exit le système compliqué que je vous décrivais en début d'article, il suffit comme en concert de brancher le matériel habituel dans celui-ci, de relier la sortie (numérique ou analogique) à votre carte-son, et c'est tout ce qu'il y a à faire.



Grâce à un cable USB, et au soft fourni par Two Notes, on pilote même le Torpedo à la souris. Installer son ampli dans une cabine de prise de son devient alors inutile : il suffit de choisir son baffle, d'un clic de souris lui assigner un micro, de « glisser-déposer » pour déplacer celui-ci dans l'interface graphique, jusqu'à entendre un son intéressant.



Pour ma part, j'ai, depuis que j'ai l'engin, découvert des recettes qui permettent de totalement changer de grain en utilisant pourtant le même ampli, juste en changeant baffle, micro et positionnement de celui-ci, et comment combiner plusieurs de ces son pour en obtenir un plus gros encore. Comme le Torpedo possède une sortie « sans traitement », il est même possible de faire du reamping, à savoir utiliser le son brut d'une prise pour la réinjecter dans le Torpedo et utiliser une autre réglage, comme si l'on jouait sur un autre baffle en direct.
Cela permet aussi de ne garder que le son brut et de décider de la couleur sonore de la guitare ou de la basse qu'en dernier ressort...  plutôt pratique !



En tous cas, le problème de prise de son que j'évoquais au début de l'article est maintenant totalement résolu: je peux travailler des prises définitives chez moi, sans avoir à tout déplacer, avec tout mon matos sous la main. Avec un casque sur le crâne, je ne dérange ni les voisins, ni ma dulcinée qui peut dormir sur ses deux oreilles quand une idée me vient à 3 heures du matin et que je dois l'enregistrer absolument tout de suite !

Révolutionnaire, hein ?

Comment ça je me répète ?



Pour être complet sur le Torpedo, il faudrait que je vous parle d'une fonctionnalité que je n'ai pas encore utilisée, mais qui en appelant à se développer va carrément valoir le coup: il est possible de charger ses propres « impulses » (c'est ainsi qu'on appelle une mesure de convolution) dans le Torpedo, de faire ses propres mesures, et de les échanger en ligne.
Comme ça, si d'aventure un gusse à  Abbey Road, disons, décide de prendre une convolution d'un baffle de Vox AC15 avec un micro qui aurait enregistré les Beatles et placé comme à l'époque, il peut utiliser l'interface Torpedo Exchange pour le partager avec le monde entier....

Révolutionnaire ? Hein ? Ben oui pardi !

infos complémentaires: site officiel de two notes

vidéo (ou j'apparais) expliquant le fonctionnement du Torpedo

enregistrement à la maison avec le Torpedo

le Torpedo en live avec Ataraxie

Acheter un Torpedo

mercredi, septembre 16 2009

Ataraxie goes to Madrid, ou comment avoir le gros son avec une boîte à déjeuner quand on est un guitariste voyageur...

Bonjour tous !

Au moment où j'écris ces lignes, je rentre à peine d'un week-end en Espagne, où mon groupe Ataraxie s'est produit ce vendredi au festival « Madrid is the Dark ». A peine rentré samedi soir, que  je devais remettre le couvert le lendemain avec Voodoo Planet pour un petit showcase fort sympathique, histoire de faire un peu de pub pour l'école de musique où sont inscrits notre batteur et notre bassiste.


Le point commun entre ces deux concerts ? L'encombrement dont je disposais pour emporter mon matériel et le disposer. Pour vous donner une idée des contraintes: nous disposions d'un bagage de soute et d'un bagage de cabine. Lequel ne pouvait excéder 55 x 40 x 20 cm.

Sachant que la bagage de soute était ma Takamine GX100 « Jormungand » amoureusement protégée par un flightcase SKB (et calée avec les vêtements de change que j'allais porter tout le week end), ne restait plus que l'option du bagage de 55x40x20cm pour m'en sortir et tenter de ramener un maximum du « gros son » qui fait la réputation d'Ataraxie.

Evidemment, l'option qui aurait consisté à amener avec nous nos têtes Laboga était parfaitement infaisable, car trop lourdes, trop fragiles et trop encombrantes. Ne restait plus donc qu'à se creuser le ciboulot.

Le son d'Ataraxie se compose pour ma part de 3 composantes distinctes plus une contrainte:
Premièrement, le son saturé: doit être harmoniquement riche, tranchant sans être perçant, équilibré (ni trop creusé dans les médiums, ni trop chargé de ceux-ci).
Deuxièmement, le son clair: doit posséder une reverb profonde qui accompagne l'instrument, être à l'équilibre avec le son saturé, bien réagir sur les 3 positions de micro de ma guitare.
Troisièmement, il arrive que sur certaines chansons, s'ajoute un tremolo à vocation « vintage ».
Contrainte: être capable de couper n'importe quand et proprement le son.

Contrainte supplémentaire que j'oubliais: Je dois, comme avec ma tête et mon pedalboard habituel, pouvoir agir sur les réglages en direct, facilement et rapidement. Exit donc les sons à base de multieffets divers et variés, qui ne permettent pas cette édition « à la volée ».

Restait donc l'option « à la carte », à savoir de sélectionner quelques pédales, et les intégrer dans un pedalboard le plus compact possible (pour ma part: un Stagg de 42 cm x 20 cm).

Sélectionnés d'office: un accordeur Korg Pitchblack, compact, qui fasse aussi office de mute switch. Egalement, une pédale Boss LS2 Line Selector, qui me permet de créer un circuit de deux boucles distinctes (une pour le clean, une pour le saturé), et de régler le niveau de chacune.

Reste à bâtir le reste des sonorités. Pour la reverb, j'ai pris le modèle le plus compact possible chez mon endorseur G-Lab, à savoir la DR-1: l'effet reverb est constamment en fonction, mais deux réglages sont possibles selon le canal sélectionné.

Le tremolo reste quand à lui l'excellent et petit effet Danelectro Tuna melt, petite pédale jaune carossée comme une vieille bagnole américaine des sixties.

Reste plus qu'à s'occuper du son saturé. Je suis parti d'une base « Marshall JMP boosté » en prenant une Tonerider British Distorsion, dont j'ai réglé le niveau de distorsion relativement bas, mais boostée par un SolidGold FX Rock Machine. Cette dernière est une pédale de boost de type Rangemaster à transistors au germanium, comme en utilisaient Tony Iommi, Brian May ou Jeff Beck à l'époque... et croyez-moi, ces pédales sont hautement addictives et dangereuses ! On sait pourquoi ils n'arrivaient plusà s'en passer !

Enfin, pour rectifier la couleur sonore de tout ça, une pédale très compacte, la Danelectro Fish'n'chips fait office d'Eq graphique.


Voilà pour le pedalboard... restait à trouver dans quoi brancher tout cela.

Et c'est là que les coincidences faisant bien les choses, mon ami Georges de Guitars Addicts m'appelle pour me parler d'une ligne d'ampli démentielle qu'il va bientôt importer. Tellement démente même, que ZZ Top a intégralement enregistré l'émission de VH-1 « Storytellers » avec.

Nom du bouzin: la Lunchbox. Comme son nom l'indique, il a le format de ces boîtes à déjeuner qu'on voit parfois dans les films américains, ou si on préfère une référence plus proche de la notre, un peu plus gros que ces boîtes à biscuits dans lesquelles on vous vend des galettes bretonnes  du coté du mont saint michel... vous voyez le trip ? 25 cm sur 19 cm, 10 cm de profondeur, et voilà.

Là dedans, il y a un ampli délivrant 130W RMS en classe AB, doté d'un gain, d'un volume, d'une tonalité, et d'une reverb qui sert plutôt à donner un caractère « ouvert » ou « fermé »à l'ampli, et un petit HP de 6.5 pouces capable de pousser fort. Poids: 5 kg à tout casser.

Ni une, ni deux, l'essai s'impose. Je veux dire, je suppose que vous êtes comme moi, quand on vous propose un truc comme ça, soit c'est de l'esbroufe totale, soit c'est un truc révolutionnaire. Et connaissant Georges, la deuxième option me semblait plutôt plausible... mais il fallait voir de par moi-même.

J'arrive donc chez lui, branche une strat monster relic qui traînait par là, et commence avec gain et volume à zéro, tone à midi. Prudemment, je monte les deux potards, gain et volume conjointement. À 1/1, ça joue déjà passablement, mais encore rien de bien méchant niveau volume sonore. Le grain de l'instrument est respecté, le son est assez chargé en médiums, petit HP oblige, mais est ultra musical.

Du coup, je commence à jouer un peu sur les combinaisons gain/volume, histoire de voir... et tout se passe comme sur un de ces bons vieux amplis à lampe: gain poussé, le lunchbox crunche de la plus belle des façons. Puis je monte le volume pour voir jusqu'où on peut aller... et à même pas 1/3 de la course, je dois m'arrêter, tellement le petit ampli envoie fort !

Revenant à un son clair, je décide de brancher une pédale dedans pour voir comment la boîte à biscuit réagit: admirablement, je dois dire !

Du coup, je propose immédiatement à Georges de lui faire un « crash test » en vrai: à Madrid, l'ampli qui me donnera le son sera le Lunchbox, à défaut d'une super tête d'ampli qui traînerait par là...



Sitôt dit, sitôt fait: le jour dit, je me présente à l'aéroport avec ma guitare, et un sac à dos. A plat au fond, le lunchbox fait partie du voyage. Juste au dessus, le pedalboard garde tout le reste (pédales, câbles, alims) au chaud et bien protégées.
Evidemment, la sécurité est un peu curieuse de ce qui se trame dans mon sac, mais aucune matière dangereuse n'étant décelée, on me laisse très vite reprendre mon sac pour embarquer.

Sur place, les conditions sont des plus roots pour nous: pas de soundcheck avant le concert, il va donc falloir tout régler sur place, et jouer dans la foulée.

Heureusement, le gros du boulot est déjà fait, mes pédales étant à peu près préréglées dans leur pedalboard pour sonner sur le Lunchbox avec son HP d'origine.

L'ampli que l' on me propose est un Marshall JVM sur un baffle 1960A. J'ai le temps de constater que pendant les balances accordées au seul groupe qui joue en tête d'affiche, il sonne absolument affreusement (bon, je n'avais pas vu que le guitariste avait à ses pieds une Boss MT-2, sinon je lui aurai peut être donné sa chance...). Le groupe qui nous précède et ouvre le festival ne fait absolument pas mieux... j'étais déjà bien chaud, mais là plus d'hésitations !

Quand vient notre tour, je commence donc par soigneusement débrancher la tête Marshall de son baffle, puis je pose le Lunchbox sur la tête JVM et utilise un câble HP pour le relier au baffle 1960. en prenant du recul, je m'amuse particulièrement de voir ce petit machin gris en haut du stack... quoi, mon son va sortir de ce moucheron ?


Quand 2 minutes plus tard, le pedalboard est branché, que je commence à envoyer prudemment le son, il faut bien me rendre à l'évidence: ça le fait, et grave. Le son est peut être plus resserré dans le médium qu'à mon habitude, mais je pense que la pédale est largement responsable de cela, et de plus ce n'est  absolument pas gênant, puisque se resserrant autour du spectre naturel de la guitare, je suis sûr de percer dans le mix.

Deux-trois potards réglés plus tard, et c'est parti... je me rend compte bien vite que je joue vraiment, vraiment fort, et pourtant le lunchbox n'a son potard de gain poussé qu'au tiers et son volume qu'à la moitié ! La foule réagit au poil, la sale étant pleine et archibondée de fans déchaînés, tout se passe franchement comme dans un rêve.



Du coté des collègues guitaristes (nous jouions avec un groupe espagnol, un suédois, un danois et un américain), les mâchoires se décrochent: « dis-donc, ça sonne super bien et super fort ! t'es sûr que tu triches pas ? » Certain camarades ! C'est bien ce petit machin qui m'a filé ce son de malade !

« Waw, quand je pense à tous les concerts que je fait où je dois prendre l'avion... ça sonne ! Et pis putain, pourquoi se faire encore chier avec une grosse tête d'ampli?!  Il m'en faut un ! Dis donc, on peut trouver ça où  ? »
Hé bien, ami Danois, dans ton pays je ne sais pas, mais je peux prédire qu'en France, le Lunchbox va faire un putain de carton ! Moi j'en ai déjà demandé un au père Noël pour tout vous dire. Autant de puissance et qui sonne aussi bien dans si petit, moi j'avais jamais vu, et j'en redemande !

Merci au fêlé qui a inventé ça et à Georges qui a eu l'idée de l'importer ! Ce machin est juste dément !



P.S.: juste pour confirmer mes impressions de Madrid, j'ai rejoué sur le même équipement sur une scène en plein air, le Lunchbox poussant une gamelle 1x12 en EV12L de 200W... en plein air, je n'ai pas eu à le pousser à plus d'un tiers, sans repiquage sono !

LIENS: site officiel de ZT Amplifiers
site officiel de l'importateur français

lundi, septembre 7 2009

Actus, 7 septembre 2009

Bonjour !

Hé oui, l'intérêt d'un blog c'est qu'on peut écrire aussi sur sa pomme quand on en a envie, et expliquer au monde entier des choses trop longues à mettre sur un fil twitter ou facebook.

Vous avez certainement remarqué qu'après un démarrage musclé, il y a moins de billets réguliers sur ce blog, et je m'en excuse, mais il se trouve que je suis bien occupé, donc que je vais vous distiller mes articles avec un peu moins de fréquence que je ne le pensais auparavant. Mais ce n'est pas grave, puisqu'au final je vous raconterai tout ce que je voulais vous dire quand même !

Et voici donc l'actu du Doomfred !

Les vacances ont été studieuses, puisque j'ai passé pas mal de temps soit à enregistrer les autres, soit m'enregistrer moi-même, à répéter avec mon nouveau groupe, et à travailler en collaboration avec Georges Haymann de Guitars Addicts sur plein de bonnes choses que je vous annoncerai en temps et en heure.

Concernant ATARAXIE, une simple répète fin août a suffit, et c'est reparti. Nous avons réattaqué la saison des concerts le 29 août dernier en participant au Festival Des Arts Bourrains, dans notre région.  L'ambiance a été aussi chaleureuse que les spots qui nous ont littéralement grillé sur scène; hormis ce petit bémol, tout fut parfait !

Vous pouvez d'ailleurs voir une vidéo d'Ataraxie jouant « Walking Through the Land of Falsity » ci-dessous.

Walking Through the Land of Falsity - live @ FDAB 2009


Durant le mois qui a précédé, Sylvain et moi nous sommes vus plusieurs fois pour enregistrer ses pistes guitares du « projet X », qui sera la sortie d'Ataraxie pour ses 10 ans d'existence, en 2010.
L'occasion pour mon Two Notes Torpedo (un engin dont je vous en reparlerai sur ce blog) de me démontrer à quel point il était devenu indispensable pour moi ! Grâce à lui,je peux tout simplement enregistrer des prises définitives à la maison, chose que je ne faisait que très rarement jusqu'alors, préférant largement le son de mon Laboga poussé en studio et repris par un vrai micro dans un vrai baffle plutôt que celui d'engins à modélisation, qui tous souvent tendance à brimer la personnalité de votre matériel et ne sonnent pas comme votre matos habituel en live.
Là je branche ma tête Laboga dedans, je joue et c'est bon du premier coup. Encore une fois, Chapeau bas, Guillaume, Yvan et votre équipe !



La  saison des concerts continue, ce vendredi 11 septembre, nous serons en concert à Madrid, dans un gros festival de Doom, Madrid is the Dark  (parait-il sold out ?) au Ritmo y Compas. Encore une fois, nous croiserons le chemin d'Isole, et bien sûr de Saturnus (on semble destinés à se croiser tout le temps !) au cours de la soirée. Vu que la dernière fois, nous n'avions pu boire un coup ensemble  après le concert, ça sera peut être le cas cette fois-ci  ?
En tous cas, je suis impatient de pouvoir voir enfin pour de vrai November's Doom sur scène, car c'est un groupe que j'apprécie depuis fort longtemps.

Sur le plan guitaristique, ce concert va être l'occasion de tester en grandeur nature le matos « de voyage » que nous nous sommes concoctés: dans un mini-pedalboard, on retrouve un accordeur, une boss LS-2, une tonerider British Distortion, une paire de pédales Danelectro (fish'n'chips et tuna melt), une reverb G-Lab et une Solid Gold FX Rock Machine (un super clone de Rangemaster).


Le tout sera branché dans un ZT amplifier Lunchbox, un petit ampli ultra compact qui va bientôt envahir la France; 25 cm de large, 19 de haut, 9 de profondeur, 130W RMS au compteur pour 5 Kgs ! Je vous tiendrai au courant de ce que ça donne bien évidemment !



VOODOO PLANET:

J'avais accepté il y a quelques mois de participer à un Tribute à Bethlehem, et pensais m'entourer de quelques invités pour faire toute la musique avec eux. Bien évidemment, je me suis d'abord tourné vers mes camarades proches, aussi ai-je demandé à Romain et Efflam de Wormfood de m'accompagner. Pour le chant, j'ai pensé à EndE de Fatum Elisum, etbien m'en a pris, il a fait des miracles !

Puis les choses me titillant de plus en plus fort depuis le Hellfest (et son affiche de groupes de stoners cultes !), et Wormfood se tournant vers un avenir incertain, j'ai fini par vouloir monter un groupe de Stoner et de rock seventies pour de vrai.

J'ai donc appelé Mathieu Nguyen, un vieil ami d'enfance, qui a très enthousiastement accepté de prendre et la deuxième guitare, et le micro.

Et c'est ainsi qu'est né Voodoo Planet, groupe de stoner / rock seventies, qui regroupe donc 3 musiciens du noyau dur de Wormfood (à l'avenir de plus en plus incertain), et un pote d'enfance.

La première sortie du groupe sera tout de même un poil différente, puisque cette cover de Bethlehem a été enregistrée et mixée à la maison (thanks Torpedo again) et sera disponible dans moins de 3 semaines. Il s'agira  d'une version « bayou » d'une chanson de l'album « Dictius Te Necare », mais je ne vous en dit pas plus... la suite au prochain numéro !

Guitars Addicts:

En attendant mon prochain billet, je vous invite très fortement à aller visiter le site de Guitars Addicts, vous y trouverez plein de choses intéressantes sur du matos que j'utilise déjà et mettrai en avant dans les prochains mois. ça se passe par ici: Guitars Addicts

mardi, août 25 2009

Du Metal sur les chaînes musicales...

Récemment j'étais en vacances, j'en ai donc profité pour zapper un peu sur les innombrables chaînes qu'offre la télé aujourd'hui. Il se trouve que dans le lot, certaines chaînes sont estampillées 'musicales', et parfois il se trouve que par ouverture musicale, ou peut être par fatigue de tout le temps diffuser les mêmes clip - parce que je ne sais pas vous, mais moi à quasi toute heure, je tombe sur des drôles de loustics qui se frottent à des demoiselles aux formes avantageuses, lesquelles sont souvent revêtues du minimum que la décence peut tolérer, et souvent se frottent à des voitures allemandes / plongent dans des piscines / s'amusent trop dans cette fête hypra hype au bord de la plage...

 

Donc, ahem, pour ne pas diffuser tout le temps les même clips, nous offrent généreusement une fois par semaine (quand c'est temps de fête), une sélection de clips de Metal.

Sur Virgin 17, l'émission s'appelle Metal Nation, programmé le plus souvent le soir, à 23h40 (par contre, je n'ai pas trouvé de grille de diffusion régulière... c'est quand ils en ont envie ?).


Donc en vacances, et debout à cette heure tardive, je pensais me faire plaisir aux yeux comme aux oreilles. Bon, je dois dire, le plaisir des oreilles, souvent ça y était, mais les yeux, c'est une autre paire de manches... en tous cas le visionnage de l'émission aura été pour moi une révélation.

Parce que vous voyez, là dans l'intro de mon billet, j'avais beau jeu de me moquer de ces archétypes qu'on voit sans cesse dans le clips musicaux ('ouaich ouaich, chui trop un caïd qui tombe les meufs carossées comme des stars du porno dans ma merco...'), mais faut avouer que nous autres metalleux, ben à notre manière, on ne fait pas vraiment mieux.

Sachez donc qu'il n'existe en fait, grosso modo, que quatre types de clips de Metal. Chacun avec son scénario type, ses images-types, recyclées à l'infini par des réalisateurs qui ont l'imagination aussi débordante que leur budget (c'est à dire le plus souvent: tendant vers le zéro)


Allez, je vais vous décrire tout ça, je pense que vous reconnaîtrez un tas de clips là dedans:

  • Type I: « Je suis un groupe trop cool, je tourne et j'ai plein de fans ». La chanson est le plus souvent la version studio, mais cela n'empêche nullement de voir le groupe sur scène, dont la taille dépend souvent de la renommée du groupe. On voit bien évidemment la foule (effet boeuf quand le clip est tourné sur la mainstage d'un gros festival, genre marée humaine à gogo, stands de pizzas, de kebabs et de bière sur les bords...), quelques plans sur les fans hardcore au premier rang, plans sur les types qui suent sur la scène, emballé c'est pesé. Si c'est jour de fête, on peut même avoir droit à des plans montrant la vie du groupe en tournée, avec des trucs aussi intéressant que les gars montant/descendant d'un bus, signant des autographes, faisant  des batailles de flotte, descendant des bières... tout ce qui peut vous rapprocher de l'intimité de vos idoles quoi... à condition d'être fan, bien sûr.Nicolas G/HellFest 2007

    On observe parfois quelques variantes de ce type là, citons pêle-mêle:
    « Je suis un groupe trop cool et je joue dans une salle vide ». Sous-entendu: Le réalisateur s'est pointé à la balance, donc on en profite. C'est la même chose, sans le public, donc sans les stands à pizza et à bière.

    « Je suis un groupe trop cool et je joue devant mes potes / mon crew / les membres de mon fan-club ». Très apprécié de groupes de Metalcore ou de Néo-Metal qui adorent se la jouer « ouaich t'as vu mon crew on est trop des guedins ! », ou à une échelle beaucoup plus grande, des groupes genre superstars qui remplissent un club en carton-pate avec leurs fans hardcore (AC/DC par exemple est coutumier du fait).
  • Type II: « On est un groupe trop cool, et on joue dans des ruines / des endroits délabrés / une usine /le bureau du papa du guitariste quand y'a personne le week end ».

    Là, difficile de faire plus simple. Un truc délabré, on installe les instrus dedans, et on joue. Est souvent couplé à la catégorie 4 que l'on verra ensuite. Pas grand chose à en dire de plus, il semble que depuis Metallica en 1989 avec « One », tout ai été dit !
  • Type III: « On est un groupe trop cool, on chevauche dans la nature des dragons / des licornes / des chevaux et éventuellement on combat les méchants ». Encore un vieil avatar du clip de Metal... Manowar et Dio ont largement popularisé le genre, qui a atteint des sommets inégalés avec l'intégralité des clips de Rhapsody. Evidemment, comme le budget est souvent absent, ces clips tiennent bien plus de la série Z en carton-pâte que du seigneur des anneaux. Rien qu'en écrivant ceci, me vient l'image d'un Eric Adams (Manowar) en slip fourrure, tendant au ciel un « glove of metal » (ça s'invente pas) en papier maché, entouré de ses très virils compagnons qui ont chevauché avec lui le reste du clip.

    Ce genre de clip a connu une seconde jeunesse avec l'apparition des groupes de metal à chanteuses, qui en général adorent se trémousser en robes à crinolines en pleine nature, entourées de leur faire-valoirs (les autres membres du groupe, qui n'ont pas l'atout-charisme d'avoir une paire de sein pour faire fantasmer le metalleux crevard  qui écoute en général ce type de musique...).

    Beaucoup de groupes de Black Metal adorent aussi se promener en armures de cuir et de clou dans la nature, parfois avec des armes, parfois non. Même si eux sont trop trve pour chevaucher des dragons, il va sans dire. En général, il préfèrent se badigeonner de sang (de porc ?) et faire des feux de camp en forme de pentacle.
  • Enfin, at last but not least, le type IV, très en vogue en ce moment: « On est un groupe très cool, et notre réalisateur est un fou d'after-effects ».
    tout d'abord, il faut expliquer qu'after effects, c'est le photoshop de la vidéo, le protools de l'image: il permet de faire tout ou presque, et comme photoshop, ça peut être très réussi... ou pas !

    Le truc qui fait tripper les fous d'after-effects, c'est de faire jouer le groupe sur fond vert pour ensuite incruster celui-ci dans un décor de megalopole apocalyptique, qui passera son temps à s'écrouler dans de grands nuages de poussière noire / de grandes flammes qui ne s'éteignent jamais, avec tout ce qu'il faut pour troubler  l'image comme il faut en permanence, comme si votre téléviseur était en train de subir une secousse notée 666 sur l'échelle de richter (qui est logarithmique et en compte 12, c'était la minute scientifique).

    Le must du must, le grand grand truc, c'est de combiner un tremblement de l'image à un coup de grosse caisse bien appuyé. Là coco, les djeunz ils vont en faire dans leur slip, tellement que ça pète. Bon, tant pis si avant la fin du clip, vous avez envie de renvoyer votre dîner (quoique vu l'heure à laquelle passent ces clips, la digestion est en général bien avancée...)

    Le pire étant que bien sûr, les fous d'after-effects savent aussi faire des prouesses dans les 3  autres types de clip. Chacun a évidemment en mémoire Luca Turilli de Rhapsody (of fire) balançant des boules de feux dans la forêt sur une blonde à moitié à poil et avec un piercing (donc: un archétype de méchante, je résume) pour défendre son pote tombé raide mort au combat, foudroyé par un éclair de magie maléfique envoyée par la même succube un instant plus tôt.

Bref, après une quinzaine de clips dont seulement une paire sortant du lot (et des clichés), la conclusion est vraiment pour ma part sans appel: c'est celui qui le dit qui y est, nanananèreuh !

Et toi,ami lecteur Metalleux, qu'en penses-tu ? As-tu remarqué ces archétypes, en as-tu déniché d'autres ? Ou bien alors t'es pas d'accord du tout ?

Lâches tes com' kikoolol !

mercredi, juillet 22 2009

Endorsement, vous avez dit endorsement ?

Il arrive fréquemment que l'on me pose des questions sur l'endorsement, ayant la chance d'avoir officiellement reçu la confiance de quelques marques. Le moins que l'on puisse dire est que l'endorsement est le sujet de multiples fantasmes et de mystères, une porte ouverte à de multiples idées reçues. Qu'en est-il exactement pour la majorité des musiciens ? 

'Endorsement', vous avez dit 'Endorsement' ?

Le terme anglais "Endorsement" n'a pas d'équivalent exact en français, mais l'on peut s'approche de l'idée si l'on parle de "sponsoring".

Concrètement, en quoi cela consiste-t'il ?

Il s'agit pour une marque (via la marque elle-même ou son importateur) d'associer son nom à celui d'un artiste, les deux parties pouvant collaborer plus ou moins étroitement ensemble.

Cette association peut, par exemple, juste porter sur l'utilisation du matériel de la marque (qui lui est fourni à des conditions préférentielles), mais cela peut aller jusqu'à donner un véritable rôle de 'consultant' à l'endorsé, celui-ci pouvant participer à  la conception et aux tests de nouveaux produits. L'étape ultime,  (le saint graal si l'on peut dire)  étant l'élaboration et la commercialisation de produits "signatures", où la marque élabore des produits aux spécifications particulière d'un artiste.
Ces collaborations peuvent  s'avérer particulièrement fructueuses, donnant parfois naissance à des produits mythiques; Ainsi, la fameuse Gibson Les Paul, le Peavey 5150, la Gretsch "Chet Atkins", la Ibanez Universe, pour n'en citer que quelques-uns.


la Gibson Les Paul, probablement le modèle signature le plus célèbre au monde...

... Dans la vie 'réelle'

Evidemment, ne rêvons pas, avoir un ou plusieurs modèles "signatures" et du matos gratuit à gogo est un privilège rare, réservé à des artistes dont la célébrité permet à la marque de réaliser un réel bénéfice en s'associant à eux, ceci allant même jusqu'à des intéressements financiers par le paiement de royalties sur les ventes des produits 'signatures'.

C'est une question de logique, après tout... par exemple, donner une guitare à un artiste de la carrure d'un James Hetfield (chanteur-guitariste de Metallica), et que celui-ci utilise ce matériel sur scène (devant des dizaines de milliers de personnes, la presse, étant  éventuellement filmé), vaut probablement moins cher d'une grosse campagne de pub. Mais donnez le même instrument à Robert Dugenou, de l'orchestre "les trimbalettes" (une démo sur myspace à son actif) est très certainement une perte sèche (à moins que "trimbalettes" ne  deviennent soudain le dernier truc à la mode... ce qui peut arriver, qui sait ?)

Aussi, pour le commun des artistes pro et semi-pro, l'endorsement se traduit surtout par une réduction sur le tarif du matériel utilisé, bien sûr plus conséquente que celle que l'on peut obtenir en achetant le matériel par les circuits 'réguliers', en l'occurence les magasins.

Comme je le disais en début de l'article, ce que la marque ou l'importateur peut attendre du musicien en retour peut vraiment être très varié: cela peut être, bien évidemment, de s'afficher sur scène avec le matériel en question, d'enregistrer avec, de se retrouver dans une pub de la marque, de participer à des démos des produits, ou tout autre niveau de collaboration... c'est très variable en fait !


Un exemple de collaboration artiste/marque: le guitar clinic


Comment endorser ?

Cette question m'est souvent posée, mais pour autant, je n'ai malheureusement aucune recette magique à apporter. Comme je le disais un peu plus haut, il s'agit avant tout d'une relation collaborative entre artiste et marque (ou un distributeur), aussi j'ai fortement tendance à voir  la question par l'aspect "humain" en premier lieu. Briser la glace avec le constructeur ou le distributeur, considérer les produits qu'il propose pour leur qualités et  leur adéquation avec votre démarche artistique est un aspect que je considère comme primordial.

Bien sûr, aussi sympathique soyez-vous, il ne sert pas à grand chose de vouloir se faire endorser une marque tant que l'on ne possède pas encore un "nom" ou le potentiel pour l'avoir. Avoir un ou plusieurs albums sous le coude est évidemment un grand plus, un dossier de presse, le fait de jouer souvent (j'entends par là: bien plus qu'une fois par an à la fête de la musique !), être capable de fournir des retours au constructeur (l'endorsé est le premier utilisateur et contact privilégié capable de juger les produits du constructeur), être aussi en contact avec d'autres utilisateurs (potentiels) de la marque... considérez tout ce que vous avez à offrir qui puisse jouer en votre faveur.

Enfin, cela me paraît une évidence, soyez sincères dans votre démarche. N'oubliez pas qu'il est quasiment certain que vous payiez quand même votre matériel, alors considérez vos besoin, la manière dont la marque y répond, et ce qu'utiliser ses produits peut vous apporter également. Ayez réellement des affinités avec le matos, l'envie de l'utiliser ! Sinon... passez votre chemin !

C'est à peu près tout ce que j'ai à dire sur ce sujet. Vous voyez... aucune recette magique ! j'espère que tout cela ne reste pas trop obscur pour vous !

Le troisième larron...

Un aspect dont il faut prendre conscience, lorsqu'on parle d'endorsement, est le "troisième homme", à savoir le public visé par l'information que vous et une marque collaborez ensemble.

En effet, en temps  que musicien, vous avez un public, lequel compte probablement (je l'espère pour vous !) des fans, parmis lesquels des musiciens sur lesquels vous risquez d'avoir de l'influence.

De son coté, la marque / le distributeur risque lui aussi de communiquer sur votre nom. Ce qui peut vous amener un nouveau public, bien entendu, mais implique aussi pour vous d'être à la hauteur de cette publicité qui vous est faite.

Soyez donc conscient de cet aspect lorsque vous voulez endorser, que vous allez de votre coté devoir promouvoir la marque avec qui vous allez collaborer, et des répercussions que cela peut avoir dans votre public.

Les limites de l'endorsement:

Quand on oublie cette "3eme composante", il peut arriver que certaines pratiques liées à l'association du nom d'un artiste et d'une marque donnent lieu à des comportements disons... limites, Du moins que je n'approuve pas.

L'exemple le plus courant est, à mon avis, la déclinaison "vers le bas" de produits signatures. Alors que le principe du modèle signature est de garantir, en l'échange du nom de l'artiste sur le produit, une qualité équivalente (ou proche) à celle du matériel réellement utilisé par l'artiste en question en studio ou en live, on peut retrouver sur le marché des  modèles qui n'ont de "signature" que le nom, mais pas la qualité.
Autant on peut à la limite accepter de payer moins cher un produit restant dans l'esprit du modèle utilisé par l'artiste lui-même, en faisant quelques concessions, autant on retrouve des modèles bas de gamme n'ayant que l'aspect cosmétique du réel modèle signature, que jamais l'artiste en question n'accepterait d'utiliser en ayant l'objet dans les pattes. On peut dès lors s'interroger sur ce genre de pratiques, qui ont plus pour but de tondre les fans dudit artiste (avec retour dans la poche de ce dernier qui va souvent toucher des royalties)  que de proposer du matériel de qualité...

Inversement, il arrive que cela soit  l'endorsé qui ne soit pas vraiment honnête vis à vis de la marque qui lui fait confiance. J'ai plusieurs fois vu des groupes installer du matériel d'une marque  les ayant endorsé sur scène, et faire semblant de jouer dessus, alors qu'à coté ou en coulisse se trouvait du matos radicalement différent qui lui, fournissait réellement le son entendu.
De là à induire en erreur les fans, il n'y a encore une fois qu'un pas qui peut être franchi, et qui ne peut je crois que mener à la déception de ceux-ci vis à vis de l'artiste.

Conclusion

Je pense avoir un grand tour du sujet, et espère vous avoir éclairés. J'espère que ces quelques conseils vous seront utiles, et surtout rappelez-vous: il ne sert à rien de tenter d'endorser sans adopter  une démarche honnête et intègre, et sans un minimum d'accomplissements préalables !

Sur ce, il est temps de penser à jouer de la musique, vous ne pensez-pas ?

Guitaristiquement votre !
Doomfred

P.S. Un grand merci à ces marques qui me font confiance (Laboga, Two Notes, G-Lab, Kraken, Tonerider...) !!

samedi, juillet 18 2009

Réglages: Savoir changer ses cordes...

Les guitaristes ont trop souvent tendance à l'oublier, mais un des facteurs les plus importants qui font qu'une guitare 'sonne', est la manière dont elle est réglée. Un bon réglage donne un confort de jeu maximal, un maximum de justesse, bref, permet au meilleur de l'instrument de s'exprimer.

Or, quand on parle de réglages, si l'on pense souvent à des choses comme la courbure du manche, l'action (la hauteur) des cordes, les harmoniques (= la justesse), on en vient trop souvent à négliger les cordes, et surtout la manière dont elles sont installées.

Combien de fois ai-je vu des guitaristes se plaindre de la justesse de leur instrument, alors qu'autour des mécaniques de leur guitare s'enroulaient un embrouillamini indescriptible de cordes incapables de rester en place ?

Le but de cet article est donc de (ré)apprendre le premier de tous les réglages qu'un guitariste devrait être capable de faire: changer les cordes de son instrument.


Principe général:

Basiquement, changer une corde consiste enfiler et fixer celle-ci au niveau du vibrato, puis d'attacher son extrémité à une mécanique, et enrouler celle-ci autour afin de parvenir à la note désirée.

Pour garantir un maximum la stabilité d'accord, le principe est de limiter au maximum les zones de friction sur le trajet qui relie la corde entre ses deux points d'attache, l'un étant en général les mécaniques situées en tête de manche, l'autre étant le chevalet, qui peut revêtir de multiples formes (chevalet fixe, ou vibratos de toutes sortes).

L'intérêt étant, bien évidemment, qu'une fois la guitare accordée, les cordes ne bougent plus et reviennent, dans le cas d'un vibrato, à leur place d'origine une fois le vibrato actionné.

Matériel nécessaire:

  • des cordes neuves.
  • une pince coupante.
  • une manivelle.
  • optionnel: selon le modèle de vibrato, une clé Allen peut être nécessaire.
- La pince coupante sert à couper les bouts de cordes qui dépasseront des mécaniques une fois les cordes installées. Outre le fait que cela ne soit pas très esthétique, laisser pendouiller des bouts de cordes en acier au bout de sa tête de manche peut être dangereux non seulement pour vous, mais aussi pour les autres musiciens qui peuvent vous entourer. Un bout de corde peut très vite pénétrer dans la chair d'un doigt ou sous un ongle, ou pire, dans un oeil...

- La manivelle est optionnelle, mais fortement conseillée. Elle permet d'enrouler les cordes autour des mécaniques de manière régulière, et facilite grandement une opération qui peut être assez fastidieuse quand elle est réalisée « à la main ». On en trouve dans tous les magasins de musique, pour quelques euros.


Avant de toucher à la guitare :


- A moins que vous n'en ayez absolument besoin (réglages à effectuer, entretien de la touche de la guitare...), il est conseillé de changer les cordes une par une. Cela permet notamment d'éviter certaines situation-catastrophes comme celle de la photo ci-dessous:
     

 Dans cet exemple, un geste malheureux aurait vite fait de faire tourner les vis du chevalet tune-o-matic, les réglages seraient alors à refaire.

Par ailleurs, pour les guitares équipés de vibratos flottants (Floyd Rose & co), cette manière de faire est la seule acceptable pour ne pas avoir à passer des heures à se réaccorder après un changement de cordes.

- Montez le même tirant (= grosseur) de cordes que le jeu de cordes usé, et si possible de la même marque. Moins il y a de différences, et mieux cela vaut, pour peu que votre guitare soit bien réglée. D'ailleurs, si vous comptez changer de tirant de cordes, pensez à faire régler votre guitare en conséquence;

Prêts ? Allons-y !

Etapes à suivre (cas général):

  1. Au niveau du chevalet: Sur la plupart des vibratos ou cordiers, la corde s'enfile très simplement dans un trou, ou une ferrure traversant la guitare.


    Passer la corde dans les ferrures...


    ...La corde ressort au niveau des pontets.

  2. Il n'y a plus ensuite qu'à tirer sur la corde...

  3. ...Puis la faire passer par le trou de la mécanique.


  4. Il faut ensuite enrouler la corde autour de l'axe de la mécanique. Dans un premier temps, tirez la corde jusqu'à ce qu'elle se tende sur toute sa longueur. Comptez environ 1,5 à 2 fois la distance entre deux mécaniques sur un manche à 6 mécaniques en lignes (toutes les mécaniques sont sur le même coté, façon Strat ou Telecaster), ou d'une fois la distance entre deux mécaniques sur les guitares en 3x3 (3 mécaniques de chaque coté, façon Les Paul ou SG), et avec les doigts, pliez la corde à cet endroit, de manière à faire un coude.



  5. Utilisez ce coude formé sur la corde pour caler celle-ci dans la mécanique, et tournez la manivelle en tendant la corde de manière à ce que l'extrémité reliée au chevalet commence à s'enrouler autour de la mécanique. Attention de bien tourner dans le bons sens ! Pour vous repérer, sachez que souvent les têtes de guitares sont faites pour que la corde fasse une ligne droite du sillet jusqu'à l'axe de la mécanique, ou quand ce sont des mécaniques disposées en 3x3, que la corde reste à l'intérieur de la tête.

  6. Continuez à enrouler la corde autour de la mécanique, de façon à ce qu'au premier tour, celle-ci croise la corde enfoncée dans l'axe de la mécanique par le dessus.

  7. Continuez à tendre la corde, et actionnez la manivelle de façon à ce que la corde continue à s'enrouler en passant par en-dessous du morceau de corde traversant l'axe de la mécanique

  8. Continuez à actionner la manivelle, sans trop de précipitation, jusqu'à ce que la corde se tende, et terminez à la main pour accorder la guitare.

  9. Vérifiez bien le résultat final: vous devez obtenir un bout de corde enfoncé dans l'axe de la mécanique, ressortant de celui-ci pour faire un tour par dessus le trou de l'axe, et passant ensuite en dessous en formant une spirale dont les boucles ne se chevauchent pas.

    En principe, vous devriez avoir fait environ 3 tours de la mécanique. Cette disposition en spirale régulière est primordiale: on réduit ainsi au maximum les possibilités de déplacement de la corde autour de l'axe, la corde trouvant naturellement sa place, on permet ainsi à la guitare de mieux tenir l'accord.

  10. Dernière étape: pour permettre aux spires de bien se mettre en place autour de l'axe, tirez fermement mais doucement sur la corde, sur une partie de sa longueur. À priori, l'accordage se sera légèrement modifié (la corde sonnera plus grave). Réaccordez, puis recommencez, jusqu'à ce que de tirer la corde ne fasse quasiment plus d'effet.

  11. Enfin, coupez le bout de corde en trop qui dépasse de la mécanique.

  12. Il ne reste qu'à répéter l'opération pour toutes les cordes !

Mécaniques à blocage:

L'opération est légèrement différente. Les mécaniques à blocage sont facilement reconnaissables, car on trouve en général une molette sur celle-ci (cf photo). Elles équipent le plus souvent des modèles haut de gamme, car elles sont beaucoup plus coûteuses que des mécaniques classiques.

Cette molette sert à visser une pièce qui, à l'intérieur de l'axe de la mécanique, va fermement bloquer la corde, et empêcher celle-ci de bouger.

Pour procéder au changement de corde, il faut donc:
  1. Dévisser la molette de façon à ce que la corde coulisse librement dans l'axe de la mécanique.

  2. Tirer sur la corde, jusqu'à ce qu'elle soit tendu sur toute sa longueur.

  3. Revisser la molette, en serrant jusqu'à ce que la corde n'ai plus aucune possibilité de mouvements.

  4. Accorder. Il suffit de largement moins d'un tour pour que la corde arrive à l'accord. Si vous avez fait plus d'un tour, il est sûr que la corde n'était pas assez tendue au moment ou vous avez resserré la molette, il faut donc recommencer l'opération.

  5. Enfin, couper la partie de corde inutile dépassant de la mécanique.

Vibratos de type Bigsby:

Sur ce vénérable papy des vibratos pour guitare, l'installation des cordes peut être un peu difficile pour qui n'a pas l'habitude...

Comme on peut le voir sur la photo ci-dessous, l'axe des vibratos Bigsby présente une sorte de 'peigne', chaque axe étant destiné à recevoir la boule terminant chacune des cordes.



Voici une procédure qui vous permettra d'installer sans soucis vos cordes sur un vibrato bigsby:
  1. Pour commencer, prenez la corde du coté de la boule, puis préformez une sorte de boucle perpendiculaire au profil de la boule. Cette disposition aidera à enfiler la boule de la corde sur son axe du « peigne ».

  2. Faites glisser l'extrémité libre de la corde (sans la boule donc) sous la barre avant du bigsby. Puis tirez cette extrémité en direction de la tête du manche, jusqu'à ce qu'il reste assez de longueur de corde du coté du vibrato pour installer la corde sur sa fixation.

  3. Faites passer l'extrémité de la corde comprenant la boule par dessus la barre arrière du vibrato (celle où les cordes se fixent, à laquelle est relié le bras).

  4. Enroulez la corde autour de la barre en formant une boucle lâche, puis, minutieusement (ce n'est pas forcément facile du premier coup), faites glisser la boule sur son axe de fixation. Si vous avez bien formé la boucle de l'étape 1, cette opération est grandement facilitée.

  5. En maintenant la boule sur son axe, tirez la longueur de corde, et fixez l'extrémité libre de la corde sur sa mécanique (cf étapes précédentes sur la manière de procéder)

  6. Accordez. Regardez le trajet de la corde de sa fixation à la mécanique... il se peut qu'elle s'enroule un peu de travers, entre les 2 barres du vibrato, ou de la barre la plus avancée vers les mécaniques... auquel cas, manipulez le vibrato et/ou replacez-la à la main, histoire que le trajet soit le plus longiligne possible, ce qui va favoriser la tenue d'accord.

  7. Répétez l'opération pour toutes les cordes.
Et voilà, vous êtes parés !



Vibratos de type Floyd Rose:

Les Floyds Rose sont réputés être les plus stables pour la tenue d'accord, mais au prix d'une installation de cordes un poil fastidieuse. Avec un peu de méthode, on peut rendre l'opération moins pénible, voici donc comment procéder:

- Plus qu'avec n'importe quel autre vibrato, changer les cordes une par une fait gagner un temps monstrueux. Aussi, n'enlevez pas toutes les cordes à la fois, à moins d'une nécessité absolue (réglages à refaire, etc.).

- Très important: Vous pouvez employer le grand coté de votre clé Allen quand il s'agit de desserrer les fixations, mais par contre je vous recommande d'employer le petit coté dès qu'il s'agit de serrer. En effet, on aura tendance à serrer un maximum, et employer le grand coté permet un effet de levier si important qu'on peut se retrouver à fausser l'un des pas de vis du floyd, et ne plus avoir de fixation du tout !

  1. Avec la clé Allen fournie, desserrez la cale de fixation du sillet bloque-corde.

  2. Détendez la corde à changer en utilisant la mécanique correspondante.

  3. Quand la tension de la corde est suffisamment molle, coupez la corde avec la pince, et enlevez les deux extrémités, l'une de la mécanique, l'autre en desserrant la vis de la cale du pontet (on accès à cette vis en arrière du vibrato).

  4. Réintroduisez la nouvelle corde en enfilant l'extrémité libre dans l'axe de la mécanique (en ayant préalablement coupé l'éventuelle extrémité non filetée).

  5. Tendez la corde, jusqu'à enfiler l'extrémité libre de la corde dans le trou du pontet

  6. En maintenant la corde verticale, revissez la cale du pontet de manière à ce qu'elle bloque fermement l'extrémité de la corde dans le pontet.

  7. Tendez la corde en l'enroulant autour de la mécanique (opération expliquée ci-dessus).

  8. Accordez, réajustez éventuellement les autres cordes (changées ou non) pour que la guitare soit le plus à l'accord possible. Cela évite les complications fastidieuses à la fin de l'installation.

  9. Une fois l'opération répétée pour toutes les cordes, resserrez les cales du bloque-corde, puis affinez l'accordage avec les vis 'fine tuning' au dessus du vibrato.

Vous êtes parés à jouer !


Conclusion... et quelques conseils en plus :

Vous le voyez, changer ses cordes n'est pas franchement une opération compliquée, pourvu que l'on s'y soit un petit peu préparé. Aussi, je vous conseille de leur faire quand vous êtes au calme, chez vous, et pas dans le rush précédent un enregistrement ou un concert !

 Avant d'en finir, quelques conseils supplémentaires:

 - Pour ma part, je suis tombé franchement accro des mécaniques à blocage, qui sont à l'usage très faciles à vivre, permettent de changer vos cordes en un temps record, et permettent une utilisation immédiate sans crainte d'accordage instable.

- L'utilisation de lubrifiants au sillet, comme le graphite (en frottant un bout de crayon 6B très gras au passage des cordes) ou des produits spécialisés (Nut Sauce...) améliore encore la stabilité d'accord en permettant à la corde de glisser librement dans les cordes du sillet. Si vous avez l'impression que les mécaniques « réagissent mal » à vos sollicitations (l'accordage change par « sautes »), c'est souvent la première solution à mettre en oeuvre avant d'aller voir un luthier.

Voilà, j'en ai fini pour aujourd'hui ! Finies les excuses, je ne veux plus voir une guitare aux cordes montées n'importe comment ! Et n'hésitez pas à me proposer vos remarques et à me poser vos questions !

Guitaristiquement vôtre
Doomfred.



Remerciements et Crédits Photos: Maneki Daz.

mercredi, juillet 8 2009

Pedalboard


Pedalboard: de l'anglais "Pedal" et "Board", soit une "Planche à pédales". C'est à dire une surface sur laquelle on dispose des pédales d'effets que l'on relie entre elles, afin de ne pas avoir à le faire à chaque concert. Souvent, cette planche est transportée soit dans une housse souple (on parle alors d'un Softcase), soit est intégré à une boîte en "dur", on parle alors d'un "Hardcase". Il va sans dire que le hardcase protège mieux les pédales que le softcase, mais c'est évidemment plus lourd à transporter (et plus cher à l'achat, cela va sans dire).

Mon Pedalboard

Ci-dessous, une photo de mon pedalboard personnel.

J'en entends déjà s'exclamer "houlalala, ça en fait du bordel !". Ha oui, certes, ça encombre plus qu'un pédalier multi-effets comme en font Boss, Zoom ou Digitech, mais il y a un avantage certain à utiliser ces engins: on peut choisir précisemment ses effets, leur chaînage, et la manière dont les effets interagissent entre eux.

Voici donc un inventaire des pédales présentes dans ce pedalboard, de gauche à droite, de haut en bas:

rang du haut:

  • Danelectro Fish'n'Chips: Equalizer à bandes
  • Tonerider Superlush Chorus: Chorus
  • Danelectro Tuna Melt: Tremolo "vintage"
  • Guyatone Sonic Shaper: Exciter
  • G-Lab Aux bank up/down: Module d'extension du G-Lab GSC-2
  • Chicago Iron Parapedal sur un G-Lab TBWP: Wah-wah rendue activable par pression du pied sur le plateau.
  • G-Lab DR-2: Reverb à deux canaux
  • ISP decimator G-String: Noise supressor
rang du bas:
  • G-Lab GSC-2: Pédalier de contrôle de boucles d'effets / canaux d'ampli / midi
  • Korg DT-10: Accordeur
  • G-Lab SD-1: Delay


Le chaînage (= le chemin que le signal va emprunter depuis la  guitare juqu'aux hauts parleurs) est le suivant:
  •  Le signal de la guitare passe d'abord dans l'accordeur. Ceci pour deux raisons: rien ne perturbe la détection de la note de guitare quand on cherche à s'accorder, pour commencer, et ensuite parce que l'accordeur agit comme  un "kill switch", permettant de couper le signal provenant de la guitare à tout moment
  • Le signal passe ensuite dans le circuit de détection du signal guitare (gtr-in -> gtr-out) du Decimator. Cette pédale utilise le signal en provenance de la guitare comme référence pour supprimer les parasites et couper le son quand la guitare ne joue pas, il faut donc passer dans ce circuit au plus tôt dans la chaîne d'effets.
  • Prochaine destination,  le TBWP (True Bypass Wah Pad) de G-Lab; La wah doit se brancher avant l'ampli.
  • Puis le son emprunte un câble de mon multipaire (= plusieurs cables réunis pour n'en former qu'un gros), direction l'entrée Low de ma tête Laboga Mr Hector
  • ... ressort par le send de la boucle d'effets, pour revenir par le multipaire en entrée dans le Decimator, qui "nettoie" le signal avant d'envoyer celui-ci dans le G-Lab GSC-2
  • Lequel GSC-2 a dans ses boucles d'effets l'EQ 7 bandes, le chorus, le tremolo, le sonic shaper, Le GSC-2 est programmé pour laisser passer le signal dans ces pédales, dans cet ordre, mais avec n'importe quelle combinaison au choix (ou aucune !)
  • en sortie du GSC-2, le son va ensuite dans le delay G-Lab SD-1
  • ...puis attaque la reverb DR-2
  • ... et enfin repart au Return de l'ampli par l'entremise du multipaire.
Les plus experts d'entre vous remarqueront un placement un petit peu surprenant de la pédale de Delay et de la Reverb, mais j'y reviendrai dans le futur...

Trucs et astuces pour le chaînage de vos pedalboards

En tous cas, pour ceux qui se demandent comment chaîner leurs pédales d'effets, voici quelques trucs qui peuvent vous être utiles:
  • les pédales ayant besoin de détecter le signal non altéré de la guitare se mettent le plus en début de chaîne possible. C'est le cas des accordeurs, de certains noise-supressors comme le Decimator ou le boss NS-2 (qui possèdent un circuit de détection du signal direct de guitare), mais aussi d'effets comme la Whammy ou des Octavers / Harmonizers
  • On met généralement ensuite le compresseur, quand il y en a un. ces effets augmentant les sons faibles, les mettre tôt dans le chaînage permet déviter d'amplifier le bruit provenant d'autres effets.
  • Ensuite, on place classiquement la  wahwah.
  • Certaines pédales, comme l'univibe ou le phaser, sonnent aussi avantageusement à cette position
  • On place ensuite les boosters, overdrives et distorsions. Si l'on utilise, comme je le fait, la distorsion de son ampli, c'est ici que l'on envoie le signal de guitare en entrée de l'ampli.
  • Pour la suite, si l'on a utilisé l'entrée de son ampli, on doit insérer ces effets dans la boucle d'effet de l'ampli.
  • Ensuite, on place les équalisations, qui sont beaucoup plus efficaces utilisées après la distorsion qu'avant.
  • puis les effets de modulation du signal. Notamment le chorus, le flanger, le phaser, le trémolo...
  • ensuite les effets de spatialisation, comme le delay
  • et on termine généralement par la reverb
  • Quand au noise-gate, il vaut mieux le placer juste après tout ce qui peut générer du bruit, mais avant tout effet de spatialisation (il couperait alors abruptement les répétitions d'un delay ou d'une reverb). En général, on le place directement après le préamp ou la distorsion, mais en cas de pédale générant un fort bruit de fond, on aura tout intérêt à la placer juste derrière.
Ceci est évidemment un schéma-type "classique", rien n'interdit de placer les effets différemment, surtout les effets de modulation qui souvent sonnent différemment suivant qu'ils sont placés avant ou après la distorsion... au final, les oreilles sont les meilleures juges !


lundi, juin 29 2009

Pourquoi ce blog ?

Maintenant que les présentations sont faites, parlons un peu de ce blog !

Comme je l'expliquais dans le billet précédent, j'ai la chance d'être musicien, mordu de guitare, de Metal (mais pas que...), et exerçant dans le développement informatique.

Et c'est de tous ces sujets dont il sera question ici (enfin, je l'espère !), avec l'occasion de développer un peu plus que je ne peux le faire sur les forums / sites sociaux / ou articles que j'ai pu rédiger jusqu'alors.

Je vous parlerai par exemple de ce que l'on peut faire avec un pédalier GSC-2 de chez G-Lab, des dessous de la vie d'un groupe semi-professionnel de Metal, des us et coutumes de nos amis chevelus, de considérations sur l'importance d'écrire du code lisible et facilement compréhensible lorsque l'on est développeur, etc...

sur ce, place au blog, ça commence maintenant !

vendredi, juin 26 2009

Bienvenue dans ma grotte !

Passez le seuil, vous verrez, c'est bien confortable en fait !

Que vous soyez ici par hasard, ou parce que vous me connaissez, vous êtes le/la bienvenu(e).

Il est possible que certains soient surpris que j'intègre la fameuse blogosphère, et doivent se demander ce que j'ai à raconter. Alors faisons les présentations, et ensuite je vous raconterai le pourquoi du comment...

Je m'appelle Frédéric Patte-Brasseur, né en 77 à peu près en même temps que le Star Wars de Georges Lucas débarqua en France.

Issu d'une famille où la tradition musicale remonte à plusieurs générations, j'ai très tôt étudié la musique. Ayant passé mon enfance à apprendre et pratiquer la musique classique, je me suis ensuite 'émancipé' en m'intéressant d'abord au jazz, avant que l'adolescence et la découverte du Metal ne passent par là.

C'est en 1991 que la claque musicale allait se produire... surtout avec la découverte de Metallica. Au point que peu de temps après, j'allais fouiller la cave pour en sortir la "guitare sèche" de mon père (relent de ses années scout ?)

Tout est-il que comme beaucoup, j'appris cet instrument en autodidacte. Après un peu de pratique et le passage à l'électrique, je fis comme beaucoup partie de multiples formations dès le lycée, toutes plus ou moins sans lendemain...

au cours de l'année 2000, la bulle internet passant par là, on me proposa d'intégrer l'équipe de www.toutpourlamusique.com, portail musical à destination des musiciens pionnier en la matière. Comme j'étais guitariste, on me confia toute une section dédiée à la guitare, où, sous le nom de GuitareMaster (Guitare Webmaster) je me suis efforcé à la mesure de mes moyens d'expliquer le pourquoi et le comment de cet instrument, avec des rubriques régulières de tests, d'autres techniques, ou comment obtenir tel ou tel son...

Le destin passant par là, j'abandonnai ce poste pour apprendre le métier de développeur, et c'est à cette époque que je rejoignis le groupe Ataraxie. Ce n'était à l'époque qu'un groupe avec 6-8 mois d'existence, et ce fut l'occasion (et le défi) de me frotter à la musique Doom-Metal (sur laquelle j'approfondis évidemment mes connaissances par la même occasion...)
Nous avons bien évolués depuis, avec plusieurs albums au compteur, des concerts un peu partout en France et en Europe, mais nous répétons toujours au même endroit...

C'est d'ailleurs à l'occasion de l'organisation d'un mini-festival en commun d'Ataraxie avec Wormfood que je fis la connaissance d'El Worm, chanteur-guitariste, dont j'allais d'abord rejoindre le bébé musical pour donner un simple coup de main... et me voici, encore membre, 2 albums plus tard !

Enfin, alors que je m'éteignais professionnellement à petit feu au sein d'une compagnie d'assurances lusitanienne, une offre d'emploi me permis d'intégrer Audiofanzine en tant que développeur ce qui me valu également de reprendre par intermittence mon rôle de "guitaremaster". Aujourd'hui, même si je n'y travaille plus en tant que développeur, il m'arrive encore de collaborer à la partie éditoriale du site.